Etre Consom’acteur ! Cela fait une dizaine d’années que ce terme a fait son apparition. J’avais envie d’aborder ce sujet, car je suis en train de lire un super livre que j’ai reçu dernièrement « J’arrête de surconsommer ! » de Marie Lefèvre et d’Herveline Verbeken.

Cela fait un moment que je ressens le besoin d’aborder des sujets plus engagés qui pourront peut-être vous inspirer.  Ce livre a été un déclencheur pour vous écrire cet article. Et de plus en plus, j’ai envie de partager des astuces, des inspirations, des bonnes ondes pour trouver un équilibre bienveillant pour soi-même et pour les autres.

Avec la conjoncture actuelle, j’ai vraiment le sentiment qu’il est important voir primordial d’agir pour notre planète, pour notre santé, pour l’avenir de tous.  Je suis persuadée que nous avons un immense pouvoir d’agir à travers notre porte-monnaie, en faisant des choix en pleine conscience et toute connaissance de cause.

Être un consommateur engagé = Voir notre porte-monnaie comme un pouvoir d’agir

Contrairement aux idées reçues, agir à son niveau n’est pas une goutte d’eau dans l’océan. Chaque acte a son importance, car notre consommation influence sur le mode de production. L’idée est de réfléchir réellement à nos besoins, notre manière de voir le monde et comment on veut agir. Le point de départ est de prendre conscience qu’on appartient à un TOUT.

Quand on consomme, par exemple, un vêtement « bon marché » pour quelques euros, il faut se poser la question sur les conditions de fabrication. A-t-on vraiment envie de porter un vêtement ou de consommer un aliment, qui a provoqué une souffrance pour un autre être vivant ? Loin d’un utopie, ou d’une pensée « bobo idéaliste », nous sommes responsables et acteurs de notre vie.  Et par conséquent, nous avons le pouvoir de choisir ce que nous voulons consommer.

Être un consom’acteur engagé ce n’est pas forcément réservé aux élites, ou aux personnes qui « n’ont que ça à faire ». Malgré le rythme effréné où tout est fait pour nous déconnecter de l’essentiel, il est capital de choisir quel mode de vie nous souhaitons.

La Révolution verte est en marche

Loin d’être fataliste, nous avons l’immense chance de créer, en faisant bouger les choses à notre niveau c’est tout un système qui peut se mettre en place.  On peut tout à fait conserver sa vie sociale, en étant pleinement ancrée dans sa vie : familiale, administrative, financière tout en cassant la spirale de la surconsommation et de la déraison. Point l’idée de se flageller, ou de vivre d’amour et d’eau fraîche mais plutôt de consommer différemment et en toute connaissance de cause.

Dans ma cuisine

L’autre jour, je lisais un article et le titre disait : « Si ma cuisine était un bidon d’essence, combien de litres contiendrait-elle ? » Si on est honnête avec soi-même combien de fois nous avons acheté ou eu envie d’un aliment hors saison.  Choisir ses produit, les aliments que l’on va ingérer, ceux qui vont nous donner de l’énergie. En choisissant une agriculture qui va privilégier le bon, le sain, le local, la saisonnalité. c’est aussi dire Oui je veux un monde responsable où respirer un air pur n’est pas de la science fiction.

Pour commencer à être un citoyen engagé et responsable, j’applique la méthode SEME (saison-équitable-fait maison-écologique)

C’est bon, c’est de Saison

Revenir au bon sens : manger des fraises en hiver, des pommes toute l’année, ou des poireaux en plein été : quel contre sens écologique et économique. Croquer des fruits et légumes cultivés dans le respect de la Nature et de l’Homme, dans une agriculture biologique, locale et de saison… Autant de choses qui devraient être des habitudes et surtout accessible à tous.

Pour ma part je privilégie les circuits courts. Saviez-vous qu’une fraise importée par avion consomme 24 fois plus d’énergie que la même cultivée près de chez vous ? Et puis, quoi de mieux qu’attendre chaque saison pour manger les fruits et les légumes adéquats. La Nature est bien faite, si chaque fruit, chaque légume, a son cycle ce n’est pas pour rien.

Calendrier cocotteenville.fr

C’est sain, c’est équitable

Consommer en pleine conscience : une expression très utilisée mais qui prend tout son sens. Souvent quand on achète des fruits et légumes ou ne pense pas toujours aux conditions de production : de la graine à la récolte, c’est tout un processus. En privilégiant des fruits et légumes du commerce équitable (au sens large) c’est aussi soutenir l’agriculture responsable, c’est permettre à des petits producteurs de vivre décemment, et surtout de boycotter la grande distribution.

Car, soyons honnêtes, même s’il peut paraître plus facile de prendre son caddie et tout faire sur place, dans des « charmantes enseignes » où l’on trouve de tout toute l’année… bien souvent les produits que l’on trouve ne sont pas toujours respectueux des conditions de fabrication.  Dans la continuité de consommer de saison, consommer local devient une nécessité pour notre planète.

Quand on choisit des produits issus des circuits courts, avec des producteurs qui n’utilisent pas de pesticides, qui sont engagés pour nous apporter une nourriture riche en minéraux, oligo-éléments et vitamines, c’est un véritable pouvoir d’agir et de faire changer les choses.

Repérer les OGM (organismes génétiquement modifiés). C’est un vaste sujet. Il faudrait presque un article entier pour aborder un thème comme celui-ci. Au delà de l’aspect santé, c’est une catastrophe sur le plan écologique. En attendant que je consacre un article à ce sujet, vous pouvez toujours lire ou relire un article consacré sur le site Que choisir 

C’est propre, c’est écologique, c’est fait-maison

Bon, on ne va pas se le cacher faire soi-même ses produits d’entretiens prend plus de temps que de les acheter. Notre placard peut regorger de produits toxiques, nocifs et dangereux pour notre santé et surtout désastreux pour l’environnement. On ne s’imagine pas tous les ingrédients que les industriels utilisent pour rendre les produits « efficaces ».

Les publicitaires ont bien fait leurs jobs depuis des décennies. On nous a fait croire qu’il fallait un produit par usage/fonction. Ainsi nos placards se sont transformés en une forteresse de produits chimiques.

De nombreuses associations, notamment Greenpeace, ont déjà tirés la sonnette d’alarme sur les dangers de ces produits faussement naturels. Car au royaume de greenwashing, les produits d’entretiens sont rois.

Les basiques du ménage écolo : nul besoin de cumuler, il suffit d’avoir les bons ingrédients.

Et enfin dernier point, bannissez tout ce qui est jetable : lingettes désinfectantes, essuie-tout… Écologique rime avec réduction des déchets.

Vinaigre blanc : c’est un peu le produit magique à avoir impérativement. Il sert dans de nombreuses recettes. C’est un détartrant, désodorisant efficace avec un minimum d’efforts.

Bicarbonate de soude : deuxième « must-have ». Combiné avec du vinaigre blanc, il saura nettoyer les tâches les plus difficiles.  Associé avec de l’eau, il se transformera en une pâte à récurer qui fera pâlir d’envie vos anciens produits.

Le savon de Marseille : à condition qu’il soit authentique, ce savon sera votre allié pour vos lessives maison.

Les huiles essentielles, oui mais avec parcimonie : Combinées avec vos recettes, elles sont antiseptiques, antibactériennes, fongicides.

Dans ma salle de bain

Etre belle au naturel, prendre soin de son corps sans ingrédients dérivés de la pétrochimie, se papouiller sans polluer et se dorloter sans s’empoisonner. La salle de bain peut devenir rapidement un vrai havre de paix.  Pour cela : huiles essentielles, huiles végétales, flacons recyclés, et lingettes lavables seront vos amis

Deux mots clés : du naturel et de la mesure

Qui aimerait badigeonner son visage et son corps à coup de perturbateurs endocriniens, de produits pétroliers ou de conservateurs pas si inoffensifs. Les produits naturels bruts et la cosmétologie naturelle et biologique vont devenir vos amis. Oui mais avec parcimonie ! Car ne l’oublions pas, même dans le naturel, nous pouvons tomber dans la surconsommation.

Dans la cosmétologie naturelle, surtout dans les produits bruts, inutile de stocker en masse. Il vaut mieux acheter au fil de l’eau, fonction des besoins de votre peau.

Et le choix est vaste : faire vos cosmétiques vous même ou alors choisir parmi une offre de produits (bio et naturels), où l’on peut trouver son bonheur. Bien sûr, je vous conseille d’éviter la cosmétologie conventionnelle pour leur composition « cracra », leur éthique douteuse, et surtout leur effet catastrophique pour la santé et l’environnement. 🙁

Pour vous faciliter la tâche, j’ai constitué un petit pense-bête pour votre montrer un échantillon des ingrédients plus que discutables que l’on retrouve dans la cosméto conventionnelle.

Apprendre à lire les étiquettes… Certes la liste des ingrédients est obligatoire sur les étiquettes en France. Mais savez-vous ce qui se cache derrière ces noms savants ?

BHT, BHA : Le BHA (hydroxyanisole butylé) et le BHT (hydroxytoluène butylé) sont des antioxydants synthétiques apparentés qui sont utilisés comme conservateurs dans certains produits cosmétiques : rouges à lèvres, lotions ou autres produits hydratants (pour ne citer que les principaux). Ils peuvent être également utilisés comme conservateurs alimentaires.

Le BHA et le BHT peuvent produire des réactions allergiques. Le BHA serait classé parmi les substances potentiellement cancérigènes pour les humains.

EDTA :  (Ethylène diamine tétraacétique) C’est un agent chélateur puissant (autrement dit, il masque la toxicité de certains composés) qui forme des complexes métalliques très stables.  Il est considéré comme un poison, en particulier avec certains éléments comme le calcium et le magnésium.

L’EDTA a aussi une caractéristique (et non des moindres), celle de fixer très fortement d’autres éléments et notamment les métaux  » lourds  » : plomb, mercure ou cadmium… Il est à bannir pour les nouveaux nés. 

Phénoxyéthanol : C’est un conservateur assez décrié chez les enfants de moins de 3 ans. L’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande d’ailleurs de ne pas utiliser de lingettes pour bébés contenant du phénoxyéthanol.

Cet ingrédient peut provoquer de l’eczéma, de l’urticaire et il serait toxique pour le foie des bébés. Pour couronner le tout, il traverse la barrière placentaire et par conséquent,  présente un risque pour la reproduction. Réjouissant non ?

PEG, PGG : Les PEG (polyéthylèneglycols) et les PGG (propylènes glycols) sont des composés à base de pétrole largement utilisés dans la cosmétologie comme épaississants, solvants, adoucissants, et excipients d’humidité.

Les PEG servent généralement de base pour les crèmes de beauté. Ils dérivent de  l’oxyde d’éthylène (produit toxique et inflammable) et sont soupçonnés d’être cancérigènes et de provoquer certaines allergies cutanées.

Le butylparaben, methylparaben, ethylparaben, propylparaben : Ah les parabens. Certaines marques s’enorgueillissent sur leurs étiquettes « Pas de parabens »  Depuis des années les parabens font parler d’eux. Depuis 2014,  les « plus dangereux » (notez bien les guillemets 🙂 ) sont interdits (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben).

Par contre, d’autres sont autorisés en « limitant leur concentration ». Le hic c’est qu’ils sont quand même considérés comme perturbateurs endocriniens. Pas facile de s’y retrouver, le mieux est de les éviter (même si tous les parabens ne sont pas à considérer de la même façon, certains sont plus nocifs que d’autres)

Le triclosanconservateur antibactérien. Il est présent dans certains déodorants, nettoyants intimes ou le plus souvent dans les dentifrices. Ce biocide est aussi beaucoup utilisé dans les savons et gels antibactériens. Il est considéré comme un perturbateur endocrinien, pouvant bouleverser le fonctionnement hormonal et donc à terme de provoquer certains cancers.

La beauté passe dans l’assiette mais aussi dans les produits cosmétiques. Maintenant avec le large choix que l’on a, plus d’excuses pour utiliser des produits toxiques.

Dans ma penderie

Le paradoxe de la « modeuse » écolo

Cela fait plusieurs années que j’ai pris conscience qu’il est inutile d’avoir une garde-robe digne des magasins pour être « bien habillée ». Pendant longtemps, j’ai acheté des vêtements que j’ai peu ou pas portés. Et j’ai presque honte de le dire, mais j’ai clairement gaspillé mon argent. Surtout que je n’ai pas toujours acheté dans des boutiques où l’éthique était au cœur de leur démarche.

Cependant, je trouve qu’il est difficile de ne pas être tiraillée par ce diablotin sur l’épaule gauche qui dit « regarde la nouvelle collection, tu as vu ces jolies couleurs ! Allez un petit top n’a jamais fait de mal à personne… » Tandis que sur l’épaule droite l’ange d développement durable qui dit « tu as suffisamment de vêtements,  et puis pense à la souffrance qu’a provoqué la fabrication de ces vêtements »

Dur, dur de trouver un compromis ! Pour ma part je n’achète plus en excès et surtout j’essaie de privilégier des vêtements éthiques ou alors de seconde main.

Voici une petite série de commandements, que je garde en tête dès que le diablotin refait son apparition :

  1. Je choisis des vêtements dont j’ai réellement besoin et non pas parce que il y a une promo ou alors qu’il fait la couverture d’un magazine.
  2. Je suis libre de porter ce que je veux. Je refuse d’être dictée par l’industrie de la mode.
  3. Je privilégie la mode écolo et responsable. Oui les vêtements « seconde-main » aussi. Quoi de mieux que de donner une seconde vie à un vêtement ?
  4. Je deviens la reine de la récup’ et surtout j’apprends à personnaliser mes vêtements.  Oui la customisation peut être moderne.
  5. Je choisis au maximum des fibres naturelles : c’est mieux pour la planète et c’est mieux pour nous.

Les fibres naturelles d’abord ! 

Pendant un temps les fibres synthétiques ont eu la côte… La plastique c’est fantastique parait-il…  Aujourd’hui on prend conscience que toutes ces fibres polluent de la fabrication au recyclage. Si bien sûr elles sont recyclées. WWF a constaté que l’industrie textile utiliserait plus de 8000 substances (colorants, traitements chimiques..) qui seraient extrêmement dangereuses à petite et grande échelle.

Souvent ces vêtements finissent à la poubelle, puis… à l’incinérateur… Et où vont toutes ces fumées ? Dans la fameux air que nous respirons. De plus en plus de marques « écolo » utilisent des fibres naturelles comme le chanvre, le lin, l’eucalyptus..  Il y a aussi le coton, mais même en bio cela peut être discutable, compte tenu de son appétit en eau.

Maintenant le choix commence à être vaste et avec tous les prix. Alors certes, vous n’allez pas payer quelques euros votre tee-shirt (neuf) écolo mais au moins vous saurez que celui-ci a été confectionné sans pesticides ou autres produits toxiques. Et surtout que la personne qui l’a fabriqué ne l’a pas fait au péril de sa vie. Sans tomber dans u discours moralisateur, quand on achète à bas prix un vêtement neuf, c’est que derrière se cache des conditions de fabrication catastrophiques…

Contrairement aux idées reçues, nous avons un immense pouvoir d’agir : il passe par le porte-monnaie. C’est un vrai mouvement citoyen que d’être engagé dans ses achats, de promouvoir les circuits courts, les « vrais » aliments, de vouloir privilégier le durable à l’éphémère.

Nous sommes acteurs du changement. Si peu à peu nous boycottons les produits industriels, ils seront obligés de changer, de s’adapter. J’aime me rappeler une phrase de Gandhi « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Quel changement voulez-vous être ? Celui qui suit aveuglement ? Ou au contraire d’exercer votre pouvoir d’agir ?

Be Green, Be Happy 🙂

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