Interviews

La Coutinelle, une adresse gourmande et gluten free

Toujours en quête de lieux gourmands et sains, j’étais à la recherche d’un restaurant qui changeait de mes habitudes. Je voulais quelque chose de nouveau. Certes j’ai mes petites habitudes concernant mes balades culinaires à Montpellier, mais je recherchais quelque chose d’autre. Je me souviens  avoir tapé un jour sur Google “restaurant sans gluten Montpellier“. Et premier résultat : La Coutinelle. En voyant les bonnes appréciations sur trip advisor, je me suis laissée tenter par ce lieu qui a attisé ma curiosité.

Avant de continuer, je tiens à préciser que je ne suis pas intolérante au gluten, mais j’en limite grandement la consommation. J’ai remarqué que je me sentais mieux depuis que je limite cette consommation. Je pense que je vous ferai un article à ce sujet très prochainement. Revenons à l’objet de mon article : La Coutinelle.

Ce restaurant/salon de thé se situe au 25 rue de l’université à Montpellier. Ouvert de 9h30 à 22h. Plus d’infos sur leur page Facebook : La Coutinelle.

Quand je suis arrivée devant le restaurant, j’ai été tout de suite attirée par la jolie terrasse et la devanture. J’ai eu une impression d’un cocoon en plein cœur de ville.

la_coutinelle-10

Mai Lan et Nicolas

L’intérieur est tout aussi charmant que l’extérieur. Le bois est à l’honneur. On s’y sent bien, un peu comme chez soi. Et l’accueil est toujours convivial.

la_coutinelle-11

L’épicerie est très bien fournie, que ce soit pour les pâtes, condiments, ou autres gourmandises…

la_coutinelle

la_coutinelle-7

Dans le cadre ce cet article j’ai eu la chance d’interviewer l’une des fondatrices de ce restaurant : Mai Lan. J’ai pu échanger avec elle autour des raisons de la création de ce lieu.

Place à l’interview

Quelle est la date d’ouverture de La Coutinelle ?

On a ouvert le 22 Octobre 2014, cela fait donc environ 6 mois.

Quels sont les créateurs?

Nous sommes deux couples. Nicolas, mon conjoint, qui est la personne intolérante au gluten dans l’équipe. Et ensuite un couple d’amis : Arnaud et Laure, qui sont deux copains de fac. Ils ont été de loin, ceux qui ont le mieux compris comment cuisiner sans gluten.

Dans cette dynamique, pourquoi avoir décidé de créer un restaurant sans gluten ?

Avec mon conjoint Nicolas, nous avons eu un enfant ensemble, et quand j’étais enceinte la question s’est posée : “Si jamais notre enfant est cœliaque, où va-t-il pouvoir aller?” Comme à l’époque où j’étais enceinte, il n’y avait pas de lieu dédié au “sans gluten” sur Montpellier, nous avions dit en plaisantant “Pourquoi ne pas ouvrir un snack sans gluten à Montpellier”.

On à donc commencé à s’entraîner avec le pain. On a fait des dizaines de recettes sur plusieurs mois, pour enfin avoir une recette acceptable au bout de 6 mois. Puis, une fois que la recette était bien définie, on avait dit en rigolant “le premier qui perd son travail, on fait un Delicatessen”. On imaginait déjà un endroit où il y avait tout sur place, où on pouvait manger, faire ses courses, boire un café… Et puis, Nicolas a perdu son travail, il y a eu un gros licenciement économique dans son entreprise, et à l’époque je voulais garder mon travail. On a demandé à mes amis de fac, Laure et Arnaud s’ils étaient intéressés par ce projet. Laure a gardé son travail pour le moment. Nicolas et Arnaud sont en cuisine et moi je suis au service.

Au départ c’était plutôt un snack haut de gamme qu’on voulait créer, et on a rencontré Alter’Incub. Avec eux, nous avons pu formaliser notre projet. On a vraiment réfléchi par rapport aux intolérants au gluten et la difficulté de faire les courses, à manger en extérieur en famille, entre amis… Nous sommes un restaurant 100% sans gluten.

Vous m’aviez dit que vous êtes chimiste de formation, est ce que c’est un plus pour élaborer des recettes sans gluten ?

Pas nécessairement. Mais c’est vrai que ça nous a aidés pour le pain. Dans le cadre de l’accompagnement de Alter’Incub et d’un autre incubateur, celui de SupAgro, on a pu faire une collaboration avec les labo publics : le CIRAD et la fac de pharma, pour comprendre les matières premières. On leur a donc donné une vieille recette, mais c’était surtout pour comprendre si jamais on enlevait la fécule de pomme de terre pour remplacer  par l’amidon de maïs, quel impact cela avait sur les recettes.

Et après, être chimiste nous sert aussi, car nous souhaitons nous ouvrir aux autres intolérances alimentaires. Pour l’instant on a deux desserts qui peuvent correspondre aux personnes qui sont sans produits laitiers et sans œufs, donc pour les vegan. On va essayer de trouver d’autres recettes. Actuellement on manque de temps, mais c’est prévu d’en créer d’autres.

Donc pour le moment vous êtes 100% sans gluten, avec quelques recettes sans produits laitiers et sans œufs?

C’est exact. A l’heure actuelle 80 à 90 % de la carte sont sans produits laitiers (sans beurre, lait et crème). De manière évidente, les pizzas contiennent du fromage ou crème fraîche pour certaines. Nos tartes sont avec de l’œuf, mais sans produits laitiers et sans viandes. Et les desserts sont sans produits laitiers. Les produits laitiers en dessert c’est plus une option ou quand on a une commande spéciale. Du coup ça peut faire un choix supplémentaire pour ceux qui peuvent tout manger (hors sans gluten). Par exemple, quand on fait le cheesecake bien souvent c’est sans produits laitiers, ou parfois à base de lait de brebis, car certains tolèrent le lait de brebis et de chèvre. Bien sûr tout est précisé à la commande.

Pour en revenir à la création, vous avez fait un financement participatif : un crowdfunding, c’était une volonté de votre part de vouloir associer d’autres personnes à ce projet ?

Le fait d’avoir été accompagné par alter’incub, on a mis en évidence qu’on voulait faire avant tout un projet pour les autres. En tant que particulier on s’est demandé ce qu’on attendait d’un lieu comme ça. Et après on imaginait aussi quelque chose qui allait évoluer dans le temps. Notre carte par exemple, évolue sans cesse en fonction aussi de ce que demandaientt les gens.

Quand on a ouvert, il y avait une option sans lactose pour les petits gâteaux. Et au bout de 15 jours de la création on a décidé de supprimer presque complètement le lactose de notre carte.

Pour les pizzas, au départ on n’avait que deux pizzas, et pour remercier les gens qui nous ont aidé à créer la carte on a décidé de donner aux pizzas le nom des clients. On a pris parti de ne donner que le nom des filles. Mais sur la prochaine carte il y aura un nom de garçon. Et puis indirectement grâce au nom des pizzas, on peut identifier le régime alimentaire des personnes. Par exemple, la pizza “Sophie” est une pizza vegan. On peut ainsi aiguiller facilement les clients sans qu’ils aient à demander ou à expliquer leur régime alimentaire. C’est toujours désagréable quand on arrive dans un restaurant et que l’on doit répéter et expliquer nos intolérances/régimes alimentaires. On souhaite que nos clients se sentent comme des clients comme les autres.

Parmi tous les participants du crowdfunding, tous sont des clients?

L’idée était que les gens participent. Il y a des gens qui nous suivaient, qui nous attendaient et qui sont devenus des clients réguliers. Il y a aussi des copains, la famille bien entendu et des gens qui nous connaissaient qui habitent un peu partout en France et qu’on ne rencontrera peut être jamais. Le public est assez large mais l’essentiel des participants étaient des proches. Mais les gens qui nous connaissaient pas étaient soit intolérants au gluten soit sensibles à cette cause. Ce projet a fait le tour de la planète c’était impressionnant : Afrique, Asie, États Unis. Quand on avait fait une campagne de mailing, on avait oublié de mettre Enercoop, mais ce qui est fou c’est qu’ils ont été quand même au courant. C’était un gros élan de solidarité. L’information a été ultra partagée.

Est ce que votre restaurant “gluten free” est bien accueilli par les Montpelliérains?

Globalement oui. Mais c’est vrai qu’on a pris parti d’être quand même un restaurant comme les autres. L’inscription sans gluten est plutôt discrète sur la façade. C’est un choix, car on ne veut pas fermer la porte aux personnes qui n’ont pas d’intolérances ou qui pourraient être réfractaires à l’idée. Nous voulons que notre restaurant soit ouvert aussi bien aux personnes intolérantes, à ceux qui veulent manger sainement, aux curieux. Bref à tout le monde.

Au début on avait centré notre projet uniquement sur le “sans gluten”, on n’avait pas identifié les vegan, les végétariens. On propose certains plats avec de la viande et au début le contact n’a pas été évident. Mais en expliquant pourquoi on faisait ça, les choses sont mieux passées. On n’est pas dans un restaurant végétarien, mais il y a des plats que les végétariens peuvent manger.

Par contre, les choses sont moins évidentes pour les intolérants quand ils vont dans un restaurant autre : viande sans sauces, salade sans assaisonnement. On a donc voulu proposer une carte ouverte à tous : végétarien, végétalien, vegan, intolérants… En tout cas, les intolérants sont contents, car ils ont un endroit où se faire plaisir.

Ce qu’il faut savoir c’est que les personnes malades c’est la peur de la corbeille de pain au restaurant : un miette qui tombe dans l’assiette et c’est le risque d’être malade suivant le degré de sensibilité. Le sans gluten n’est pas qu’un phénomène de mode, il y a des personnes qui ont une pathologie et pour qui manger du gluten est à bannir de leur alimentation.

Est ce que vos matières premières sont labellisées agriculture biologique ?

Le projet, c’était aussi faire la lutte des prix. Ce n’est pas parce que c’est sans gluten que ça doit être dix fois plus cher. Du coup ce n’est pas possible d’avoir tout en bio. Il y a forcément des produits qu’on aurait payé plus cher, et qui auraient été répercutés sur la carte. Par contre on essaie au maximum de faire en local ou en circuit court.

Au niveau de l’épicerie, par rapport aux produits qu’on vend tout n’est pas fait en France. Par exemple, Farabella est fait en Italie. Les produits sans gluten sont identifiables grâce au logo européen. On essaie si on peut avoir en local, d’avoir des produits “solidaires”, comme pour le thé. La café provient d’un torréfacteur du centre ville.

logo gluten free europe restaurant La Coutinelle

Et on est en train de lancer une gamme alimentaire qui s’appelle “Talent d’Oc”, qui est composée de produits exclusivement locaux :

  • Provenance Camargue : riz et farine de riz (rouge, blanc, complet), son et germe de riz
  • Provenance Cévennes : farine de châtaigne
  • Provenance Carlencas : pois chiche, haricot mungo (soja vert) et quinoa

Et les produits “La Coutinelle” faits sur place : pains, croûtons, chapelure, cookies, muffins… Et possibilité de commander des gâteaux et des pizzas pour emporter.

Dernière question, j’ai vu qu’au niveau de l’alimentation électrique vous passiez par une coopérative Enercoop, est ce un choix pour aller jusqu’au bout de votre démarche, un choix éthique?

C’est tout à fait un choix éthique. Nous voulions nous associer avec un fournisseur d’énergie militant, coopératif, citoyen, et écologique. C’est important pour nous d’aller au bout de notre démarche.

Fin de l’interview.

Farine de riz rouge “Talent d’Oc”

la_coutinelle-5

Les petits croûtons made in “La Coutinelle”

la_coutinelle-8

Je remercie infiniment Mai Lan pour cette entrevue, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Si vous recherchez un lieu où plaisir et gluten free riment avec gourmandise alors foncez déguster les plats de La Coutinelle.

J’ai mangé plusieurs fois à la Coutinelle et je suis toujours autant satisfaite des plats et des prix proposés. C’est un vrai coup de cœur. Donc amis Montpellierains ou amis de passage, je vous conseille d’aller faire un tour dans ce restaurant.

 A la Coutinelle, vous trouverez aussi le magazine NIEPI, une revue culinaire et art de vivre “gluten free”.

la_coutinelle-3

Bon appétit

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply